Johann Dantant

Johann Dantant, Spécialiste informatique enfouie et NFC

Johann Dantant

Johann Dantant

 

Qui es-tu, que fais tu et dans quel coin de la région Angevine es-tu ?

Je suis directeur technique de SpringCard, une société qui conçoit et fabrique des produits électroniques, principalement dans les domaines de la RFID, carte à puce, NFC.

Nos produits sont rarement directement visibles, mais intégrés par nos clients dans des systèmes très variés : vélos ou autos en libre service, contrôle d’accès à haut niveau de sécurité (aéroports), impression et personnalisation de cartes, applications de fidélité ou de micro-paiement…

L’essentiel de mon activité c’est de la R&D.

Outre le management de l’équipe, ma spécialité c’est l’informatique enfouie, c’est-à-dire du développement sur micro-contrôleurs ou petits systèmes embarqués.

Mais comme nous sommes une petit structure, je touche un peu à tout, que ce soit du développement web, du développement mobile sur Windows ou Android, ou du développement système principalement sur Linux.

Je suis installé à Avrillé depuis 2010.

J’ai débarqué dans la région d’Angers un peu par hasard ; le siège de l’entreprise est à Massy-Palaiseau, et un beau matin j’ai décidé de m’éloigner du tumulte de l’Île-de-France, mais il fallait rester à portée de TGV.

Pour moi « Angers » est donc avant tout la réponse à la question « où s’arrête le TGV après 1h30 de trajet ? ».

Mais je suis très satisfait de cette réponse, car c’est un lieu vraiment agréable qui correspond bien à mes attentes et à celles de ma famille.

 

Quel matériel utilises-tu ?

Mon bureau ressemble avant tout à un labo d’électronique numérique : oscilloscope, analyseur logique, des circuits imprimés un peu partout, des fils dans tous les sens…

Pour faire marcher tout ça, je jongle entre 3 PC sous Windows et un sous Linux, avec en plus des machines virtuelles pour faire tourner des logiciels anciens ou pour faire des tests sur des systèmes exotiques.

J’ai aussi un PC portable sélectionné spécialement pour son clavier et son écran king-size, c’est plus un « transportable » qu’un « portable », mais c’est vraiment plus pratique pour travailler en déplacement.

Enfin je suis équipé d’un Google Phone Nexus S et de la petite tablette Nexus 7 pour faire des démos des applications NFC.

Mais je tiens à préciser que je ne me considère pas comme geek ; si le matos peut sembler pléthorique, c’est quand même avant tout pour travailler efficacement, pas pour le plaisir ni la frime !

Mon seul snobisme un peu geek, c’est d’avoir toujours refusé de prendre la box d’un FAI afin de maîtriser complètement mon réseau, à la maison comme au bureau.

Et de collectionner les cartes IGN.

 

Quels logiciels utilises-tu au quotidien ?

Principalement Notepad++, qui me sert d’éditeur à tout faire.

Toutes sortes de compilateurs C basés sur GCC, de temps en temps Visual Studio de Microsoft ou Eclipse quand j’y suis vraiment contraint…

En général j’évite les IDE (environnement de développement intégrés) car même s’ils apportent un confort certain, leur lenteur et la lourdeur de la prise en main font que le gain de productivité n’est pas flagrant quand on doit passer sans cesse d’un environnement à l’autre.

De plus, nous avons une obligation de pérennité et de maintenabilité de nos développements, qu’il n’est pas toujours facile de concilier avec le cycle de vie de ces logiciels.

 Pour la bureautique nous sommes passés dernièrement à Libre Office et ça me convient tout à fait.

InDesign pour les docs un peu évoluées, et les classiques Illustrator et Photoshop complètent le tableau.

Nous avons un Intranet basé sur Ovidentia et Projectoria pour la gestion de projets, un Wiki interne et pour nos clients, et un blog de l’équipe R&D basé sur WordPress…

C’est trop éparpillé et ça nous demande pas mal d’efforts pour utiliser efficacement et administrer tout ça, mais je n’ai pas encore trouvé la solution miracle pour regrouper toutes ces fonctionnalités au sein d’une seule application web.

Enfin, je ne peux pas ne pas mentionner les logiciels d’infrastructure qui font que notre société, bien que petite, peut se permettre d’avoir des collaborateurs répartis entre Massy-Palaiseau, San Diego, Tokyo, et bien sûr Avrillé.

Merci à Skype et à Webex, merci aux serveurs dans le cloud d’OVH et à OpenVPN, c’est grâce à eux qu’on peut fonctionner comme ça !

 

Quels sites fréquentes-tu au quotidien ?

Généralement je commence ma journée en lisant les actualités sur ma tablette, sur Le Point ou Atlantico.

Au-delà de ça, je ne suis pas vraiment « fréquenteur » de sites, j’attends que l’information vienne à moi grâce à des abonnements aux flux RSS qui m’intéressent (tout ce qui touche à NFC et aux applications des cartes à puces) et aussi aux alertes Google.

Quant aux réseaux sociaux…

J’ai eu ma période Facebook et ça m’a ravi de retrouver des connaissances de lycée, mais ça ne m’a pas tenu très longtemps.

Twitter j’y suis juste pour pouvoir leecher quelques personnes qui m’intéressent, mais je n’ai jamais rien posté.

En résumé, même si je passe pas mal de temps sur le web pour le boulot ou pour mes loisirs, il n’y a pas vraiment de site qui puisse se vanter de me voir passer régulièrement.

Sauf peut-être le site de ma banque et Wikipédia.

D’ailleurs, je viens de regarder ma liste de favoris, et il n’y a que ces deux adresses !

J’imagine que la majorité des internautes en ont beaucoup plus que deux…

 

Quel est ton rêve, ton souhait, en matière de technologie(s) ?

Depuis plusieurs années j’ai un rêve très simple : que les batteries de portables puissent enfin tenir une semaine même en utilisation « activité maximale », et qu’elles puissent se recharger à distance, par transfert d’énergie sans fil.

Depuis quelques mois on parle beaucoup de nouvelles technologies de batteries et de charge à distance dans les salons professionnels, je suis donc désormais confiant dans sa réalisation à brève échéance.

Dans les rêves beaucoup plus difficiles à concrétiser, j’aimerais bien inventer le baladeur MP3 qui baisse automatiquement le son pour ne pas déranger les voisins dans le bus ou le train, dès qu’il détecte que son propriétaire est un malotru qui pollue l’espace sonore des autres.

Dans un tout autre registre j’aimerais aussi pouvoir expliquer aux entreprises et surtout aux collectivités locales et administrations qu’il faut arrêter de mettre tous leurs œufs dans le panier d’une application spécifique à tel ou tel système -ce qui revient toujours à exclure une partie des usagers- quand on peut faire la même chose en web responsive.

 

Quels sont tes coins préférés dans la région Angevine ?

La Pointe à Bouchemaine pour flâner les soirs d’été.

L’étang Saint Nicolas qui malgré sa condition de parc urbain un peu sur-fréquenté me surprend à chaque visite par l’harmonie puissante entre le minéral, la forêt, la lumière et l’eau.

Quand il y a de la brume ou dans la lumière de l’automne après la pluie, c’est magique.

Lorsque que je me suis installé à Angers, j’en ai aussi profité pour assouvir un rêve en achetant un vieux hors-bord, un Rocca du début des années 80.

J’apprécie tout particulièrement de remonter la Mayenne de Grez-Neuville jusqu’au haras du Lion d’Angers, c’est une magnifique rivière et ce genre de promenades au ras de l’eau change vraiment les idées.

 

Autre chose à dire ?

Un coup de gueule ou un coup de déprime, je ne sais pas trop comment situer ça.

J’ai donné une conférence cet après-midi à l’université d’Angers, et je suis tombé sur une promo bien clairsemée.

Il paraît que les études scientifiques attirent moins les jeunes, que les écoles d’ingénieurs ou les cursus un peu technique peinent à recruter, et là j’en ai eu la confirmation brutale.

Ça me semble dramatique car désormais la technologie est partout, l’informatique et les produits électroniques sont présents à tous les étages.

De plus en plus de personnes savent (plus ou moins) les utiliser, mais elles seront de moins en moins à être formés pour comprendre, faire évoluer, innover dans ces disciplines, concevoir des descendants aux services et produits que nous utilisons aujourd’hui.

Pour que nous puissions rester compétents dans les technologies que nous utilisons et dans celles que nous utiliserons, il faudrait rapidement inverser la tendance.

D’autant plus que malgré le taux de chômage très élevé, il y a certaines spécialités qui sont déjà en pénurie complète.

Sans doute les conseillers d’orientation ne sont-ils pas au courant de tout ça, quelqu’un peut-il leur passer le message ?

 

Crédit Photo d’accueil hazelowendmc.