Mathieu Sedas et la peinture numérique

De la Préhistoire au numérique

mathieu seddasMathieu Seddas est illustrateur et infographiste (voir le site de Mathieu). Il est installé à Trélazé depuis 2014 et a contacté le Geek angevin pour parler de peinture numérique (ou digital painting). Les deux peintures en photo dans l’article sont de lui.

Il est arrivé à la peinture numérique dans le cadre de son master d’archéologie préhistorique à la Sorbonne. A l’appui de ses recherches, Mathieu devait réaliser des dessins archéologiques. Il s’est demandé si le numérique ne pourrait pas lui faire gagner du temps. Mais il tenait aussi à un rendu « comme si c’était fait à la main ». Le but recherché fut atteint après plusieurs mois d’expérimentation.

L’apport du numérique au processus créatif

La peinture numérique condense la phase de recherche, de préparation, et la phase finale. Procédant par superposition de calques, la technique permet de revenir en arrière à n’importe quelle étape. Rien n’est jamais définitif tant que l’artiste n’a pas décidé que son travail est achevé. Le numérique permet donc l‘expérimentation en cours de création, sans craindre de perdre le résultat de la recherche.

C’est la même liberté que l’on connaît aujourd’hui lorsque l’on écrit un texte sur l’ordinateur grâce au copier-coller, aux ajouts dans un paragraphe que l’on jugeait abouti, etc. Certains déplorent d’ailleurs que les écrivains utilisent des outils informatiques : les ratures, les annotations, tous ce qui témoigne de la fabrication de l’œuvre, qui permet de comprendre un peu mieux le processus créatif, de se sentir un peu plus intime avec le créateur, tout cela a disparu avec le numérique.mathieu seddas temple

Connaissances et matériel nécessaires

La peinture numérique est bien un médium au service d’un projet, d’une vision du monde, comme toute autre technique artistique. A ce titre, elle nécessite l’acquisition d’un savoir traditionnel fait de théorie des couleurs et de règles de composition, de maîtrise de la perspective et de l’anatomie, et la maîtrise de la technique.

Les outils de la peinture numérique sont, outre l’ordinateur et ses logiciels, la tablette graphique et le stylet, qui permettent de jouer sur le geste de façon à faire varier l’opacité du tracé. La tablette graphique se connecte généralement à un ordinateur mais il existe aussi des tablettes graphiques avec écrans intégrés (voir ici pour plus de précisions). Il est aussi possible de peindre avec les doigts sur tablette ou smartphone mais sans jeu sur la pression possible. Il existe aussi des pinceaux numériques, constitués de poils, qui ne gèrent pas non plus la pression et pour lesquels le logiciel présente des temps de réaction assez lents. Enfin, notons l’existence d’Inkling de Wacom : l’appareil se branche sur un calepin, l’artiste dessine sur le support papier avec un stylo adapté et l’appareil enregistre les tracés. Le fichier vectoriel peut ensuite se travailler sur ordinateur (voir un article sur Inkling).

mathieu seddas dragon cave11Diffusion des œuvres

La peinture numérique est pratiquée au niveau mondial. Les artistes numériques répondent souvent à des commandes : maisons d’édition (couvertures de romans, de magazine), sociétés de jeux vidéo, particuliers (portrait de famille par exemple). Ils peuvent aussi vendre leurs créations libres sur Internet, via des plateformes (en impression sur toile, sur poster, etc.), très peu finalement exposent de manière « physique ». Voir un exemple

Focus sur quelques détails

Le choix de l’impression ou non de l’œuvre finale doit se faire en amont car c’est ce choix qui détermine la résolution de l’image (deux articles pour en savoir plus ici et ici) et le mode de travail des couleurs (RVB ou CMJN), couleurs pour lesquelles il faut soigneusement calibrer son écran (des détails ici). Un logiciel comme Verve Painter simule le jeu de la lumière à travers les couches de peintures virtuelles (voir la vidéo à partir de 8 minutes 30).

Une peinture numérique est par essence en 2 dimensions. Il est toutefois possible de surimposer un relief par l’application de gel sur la toile (http://www.bimago.fr/premium-print). Mais peut-être que les imprimantes 3D changeront la donne de ce point de vue et ouvriront de nouvelles voies de pratiques artistiques.

Pour en savoir plus

Le site de Mathieu bien sûr 🙂 mais aussi le forum LascoPainters.